71ème anniversaire du 8 mai 1945

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En ce dimanche 8 mai, la ville de Chelles a commémoré le 71ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. De nombreux Chellois étaient présents lors de cette cérémonie à travers laquelle nous avons rendu hommage à tous ceux qui ont contribué à la victoire du 8 mai et accompli notre devoir de mémoire.

Après le traditionnel défilé qui a débuté Esplanade de la Légion d’Honneur, nous nous sommes rendus au Monument Départemental de la Résistance, à l’entrée du Parc du Souvenir Emile Fouchard, où j’ai prononcé une allocution à l’issu du dépôt de gerbe. Cette matinée s’est poursuivie Place des  Fêtes de Chantereine pour le second dépôt de gerbe devant la plaque commémorative aux « Morts pour la France ».

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Je tiens à remercier les Chellois présents pour leur participation. Je salue également tous nos anciens combattants, portes drapeaux, corps constitués, les membres du Conseil Municipal d’Enfants, l’Union musicale de Chelles, la chorale la Chanteraine, l’ADQC (l’Association pour la Défense de la Qualité de Vie à Chantereine) ainsi que l’AMTUIR (Association du Musée des Transports Urbains, Interurbains et Ruraux) qui ont activement pris part à la réussite de cette belle et émouvante cérémonie.

Vous pourrez retrouver ci-dessous l’allocution que j’ai prononcée à cette occasion.

Il y a 71 ans, la Seconde Guerre mondiale prenait fin en Europe. Cette date marquait la fin d’un monde révolu après plus de cinq années de combats. Sur fond d’idéologies et d’expansionnisme, les puissances militaires s’étaient lancées dans un combat à mort. Alliés et forces de l’Axe se battirent avec une férocité jamais connue avant.

L’acte de capitulation pour le front de l’ouest est signé le 7 mai 1945 à Reims par des nazis vaincus, en pleine déroute. La reddition est officialisée le lendemain, le 8 mai. Après tant de souffrances et de destructions, le monde libre triomphait enfin.

Mais le monde ne sera plus jamais le même après ce qui s’est passé. Les millions de morts de la barbarie humaine hantent les mémoires. Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ont changé le sens de l’histoire. Le conflit s’achève définitivement quelques mois après la paix du 8 mai à Hiroshima et Nagasaki, villes japonaises rayées de la carte par deux frappes nucléaires. Désormais, le monde sait que l’homme a la capacité totale de s’autodétruire.

Beaucoup de nos libérateurs étaient Anglais, Américains ou Canadiens, et par notre présence ce matin nous leur rendons hommage, en ayant une pensée particulière pour les quatre Soldats américains tombés lors de la libération de Chelles.

Mais nos libérateurs étaient aussi nos compatriotes, de métropole ou d’outre-mer, d’Afrique ou d’Asie, car la France battue de 1940 a su se relever et résister.

Le 8 mai, c’est leur victoire. Une grande Victoire rendue possible par la multitude de victoires individuelles ou collectives. Tant de femmes et d’hommes, qui mériteraient tous d’être mis à l’honneur parce qu’ils ont tout sacrifié pour que nous connaissions ce jour historique du 8 mai 1945. Je voudrais évoquer quelques-unes de ces histoires qui honorent la France.

Il y eut l’exceptionnelle épopée du groupe de chasse « Normandie-Niemen » des Forces aériennes françaises libres. Composé de pilotes chevronnés, ils combattirent sur le front de l’Est aux cotés des Soviétiques. Reconnus pour leur bravoure et leurs faits d’armes, 42 sont morts pour la France sur un total de 96.

La grande épopée de la deuxième Division Blindée, commandée par Leclerc élevé à titre posthume à la dignité de Maréchal, rendit sa dignité à la France battue de 1940. Des sables brulants de Lybie, où elle n’était qu’une colonne disparate jusqu’à la libération de Strasbourg, elle prit part à d’importantes victoires, aussi symboliques pour la France que stratégiques pour l’issue de la guerre.

Au sein de cette force, je voudrais en particulier vous citer les Rochambelles… surnom donné aux 71 conductrices ambulancières d’une unité qui combattit en première ligne sous le feu ennemi, prodiguant les premiers soins aux blessés. Leur courage a toujours suscité l’admiration des soldats.

Autre destin exceptionnel d’une unité tout aussi exceptionnelle : le commando Kieffer, des fusillés marins d’élite, fut la première unité composée de Français à participer au débarquement de Normandie le 6 juin. De tous les combats, sur 177 hommes, 24 seulement terminèrent la campagne de Normandie sans avoir été blessés. On mesure alors leur sacrifice.

N’oublions pas la résistance intérieure qui connut tant d’actes d’héroïsme admirables et qui a directement contribué à la victoire.

La célébration de la victoire du 8 mai est aussi un vibrant hommage au souvenir de ces glorieux combattants Français qui ont su se joindre aux alliés, refuser la collaboration et l’anéantissement de la France.

Ainsi, dans les circonstances tragiques de la débâcle de 1940, un homme comprit plus rapidement que tous les autres dirigeants Français que la défaite n’était pas une fatalité mais que de la poursuite des combats dépendaient l’avenir de notre pays et la vie de millions de Français.

C’est le Général de Gaulle qui dans son célèbre message à la BBC invoqua « l’honneur, le bon sens, et l’intérêt supérieur de la Patrie » pour justifier son appel et encourager les Français à poursuivre le combat.

Il savait que l’effort de guerre des Alliés pouvait soutenir la poursuite des combats de la France et que le sursaut français était possible.

André Malraux dira que le Général de Gaulle « a délivré la France de son propre abandon » le 18 juin 1940.

C’est grâce à cette résistance intérieure, grâce à nos troupes libres engagés sur le front que la France, guidée par le Général de Gaulle a su tenir son rang et après la victoire devenir un acteur majeur de la construction européenne

Car le 8 mai est aussi un anniversaire qui témoigne du début d’une ère nouvelle de paix dans laquelle nous vivons encore aujourd’hui.

Je pense en particulier à nos amis allemands. Je veux leur dire que le 8 mai n’est pas une commémoration de leur défaite, mais celle de la Victoire des peuples européens libres sur le totalitarisme.

Cette paix obtenue dans la douleur a suscité de grands projets pour notre continent. La réconciliation franco-allemande et la construction européenne sont des héritières directes de la Guerre et des leçons que les peuples européens ont su tirer ensemble.

Aujourd’hui, la communauté de destin des Européens doit avancer dans le même esprit. L’avenir de notre Continent en dépend. Unie, l’Europe sera plus forte. Elle est aussi notre meilleur barrage contre toutes les forces de destruction. Notre jumelage avec Lindau en est une belle preuve.

Le 8 mai 1945, la France retrouve enfin pleinement l’un de ses emblèmes forts : ses couleurs, notre drapeau tricolore bleu-blanc-rouge. Nous sommes extrêmement attachés à ce symbole que nous arborons et avec lequel nous pavoisons aujourd’hui le monument aux morts, que nos porte-drapeaux présentent avec respect, et que j’ai l’honneur de porter en écharpe.

Pendant les 4 années d’occupation, il avait été banni au profit de la croix gammée, reniant ainsi notre identité, notre histoire, nos fondements. Son remplacement signifiait la fin de la démocratie, de la liberté, de la tolérance.

Au moment de la libération, nos drapeaux sont enfin sortis au grand jour, brandis fièrement par des Français en liesse, et mêlés à ceux de nos alliés qui sont aujourd’hui aussi à l’honneur à Chelles.

Aujourd’hui, en ce jour de commémoration nationale, notre drapeau est le symbole de notre liberté, le symbole de notre démocratie, le symbole de notre République et de ses valeurs si précieuses, si chèrement conquises le 8 mai 1945 et que chaque jour nous devons défendre.

 

Vive la liberté !

Vive la République !

Vive le France !